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Mode islamique en mode Djellaba

L’habillement est avant tout une manière d’être, c’est un moyen comme un autre de revendiquer une identité et d’extérioriser une personnalité. Comme le cas d’une religieuse, qui est détectable,  à sa façon de s’habiller, avant même qu’elle ne se présente. Dans la logique, on peut classer une personne ou une tribu, en observant ses tenues habituelles. Aujourd’hui, on va se pencher sur la Djellaba.

Les origines de la Djellaba

Les origines de la djellabaLes origines de la Djellaba

En premier lieu, définissons cet habit. La Djellaba est une grande robe longue ou semi-courte selon les pays, à capuchon, destinée à la base, aux hommes puis plus tard, aux femmes. Selon l’orientaliste néerlandais Dozy, elle viendrait du mot Djellab, qui signifie, vendeur d’esclaves, qui notamment portaient des grandes robes. Mais rien qu’à son origine étymologique, il y a déjà confusion, car d’autres disent que le mot Djellaba viendrait  de Djilbab qui veut dire vêtement drapé. La première théorie est la plus réaliste des deux puisque la djellaba est cousue et non drapée, et la seconde est la plus connue. Elle est conçue de manière à ce qu’on soit à l’aise en la portant, avec une ouverture et un peu de décoration quand même pour le style. Au Maroc, c’est le costume par excellence, porté par les monarques lors de cérémonies officielles ou de fêtes religieuses.

En second lieu, à l’indépendance de leur pays, les femmes marocaines ont commencé à adopter la Djellaba pour démontrer qu’elles font aussi partie de la société et qu’elles participent à l’avancement de leur pays sans pour autant offenser leur religion, ici on voit comment un habit peut marquer l’histoire. Tantôt traditionnelle, tantôt moderne, la Djellaba a traversé le temps et est devenu une pièce intéressante auprès des designers. On la voit maintenant, sur les pistes de défilé de mode, même les stars d’autres pays s’en sont procurées. On aime cet habit car en général il est composé de matières nobles telles le coton ou la laine, il est confortable et il est stylistique de par son histoire et de par sa coupe particulière. Sans oublier le côté traditionnel, il reste un patrimoine propre au Maghreb. Puisque chez les maghrébines, la Djellaba est signe de sobriété, de pudeur et de discrétion se mariant avec la religion musulmane. La Djellaba est également citée dans la bible comme étant un habit sur lequel on mettait une ceinture pendant les jours de travail

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La Djellaba au fil du temps et de l’histoire

La djellaba au fil du temps et de l histoire 1La djellaba au fil du temps et de l histoire 2

Cette robe identitaire est vue comme étant intemporelle, en Afrique du nord, elle est appréciée depuis des siècles car elle est facile à porter et très pratique en hiver comme en été, dépendant de la matière utilisée. Les hommes s’ornaient de Djellaba pour se protéger du soleil ou du sable, grâce au grand  capuchon, mais ce dernier ne servait pas qu’à cela, on l’utilisait également pour emmener des effets personnels et quelques provisions, en faisant référence aux bédouins nomades d’à l’époque qui se déplaçaient dans le désert. Bien que quelques bédouins continuent encore à porter la Djellaba dans l’optique de pouvoir se déplacer sans contrainte, cette époque est révolue, puisque cette robe n’est pas que confortable, elle est aussi noble et représentative. Ce qui a incité les femmes maghrébines à la porter fièrement, qui plus est, la Djellaba couvre une grande partie du corps pour ne dévoiler que les extrémités, une manière pour ces dames d’allier revendication et considération de leur religion, revendication, car avant les années 50, cette robe n’était destinée qu’aux hommes, pour enfin devenir mixte. Une preuve qu’une tenue traditionnelle peut être réinventée selon celui ou celle qui la porte. Mais bien que la Djellaba ait évoluée, la porter ne fait pas l’hunanimité dans le monde, certains occidentaux ont du mal à accepter le fait qu’une personne soit couverte de la tête aux pieds de cette manière, d’un autre côté, à l’époque des hippies, beaucoup d’européens et d’américains qui sont partis se dépayser au Maroc ont revisités cette tenue d’antan, en plus détendue dans le but de mélanger les genres, un des moyens pour prôner leur liberté, ici l’habit fait encore une fois office de revendication d’identité.

La Djellaba, devenue un phénomène de mode

La djellaba devenue un phenomene de mode

En termes de code vestimentaire, les habits marocainstunisiens algériens, sont à l’origine, inspirés de la culture romaine et persane, mélangée à l’Afrique, c’est donc à partir de là qu’ils ont façonné la Djellaba et d’autres tenues musulmanes. Cette pièce typique a voyagé dans le temps et traversé les années, désormais elle est présente à plusieurs événements du monde dont les événements mode, de nombreux stylistes internationaux s’en inspirent et la customisent à leur style. Ces passionnés de tendance qui sont à l’affût d’originalité, en profitent pour exploiter cet habit culturel. Ce qui n’est pas nouveau puisqu’une célèbre actrice des années 80 du nom d’Elizabeth Taylor, s’affiche sur les écrans et les photographies dans ces Djellabas. Si jadis, cette robe a été spécialement créée pour être un habit de confort pour le désert, ce concept est maintenant un lointain souvenir, la Djellaba est actuellement mariée avec des jeans, des leggings et des baskets, déclinée en différentes couleurs et matières, raccourcie, et accessoirisée. Elle fait partie de l’actualité, de la mode de la rue, et de plusieurs projets haute couture. La djellaba anciennement  tenue traditionnelle du Maghreb est devenue urbaine. Cet héritage culturel et vestimentaire, une grande fierté d’Afrique du nord, a été transformé en robe à strass et perles, se détournant de sa valeur ethnique. Et tout ce qui touche l’ethnicité n’a jamais été autant exposé, depuis que les designers d’habits ont décidé de la mettre en vogue, en passant par le wax, un tissu africain ou le Manta, tissu ethnique péruvien. Dorénavant, la Djellaba participe à la lancée de cette mode ethnique. Et même lors des défilés de mode marocains, elle est commercialisée comme toutes les autres pièces, en la présentant comme un « must have » mode spéciale Ramadan, par exemple.

En dernier lieu, on n’en parle pas beaucoup puisque c’est presque devenu un sujet conflictuel, mais comme cette robe, est théoriquement propre aux maghrébins, elle est mal vue par certains occidentaux un peu plus fermés, qui n’hésitent pas à tout de suite étiqueter une personne s’habillant en Djellaba d’extrémiste voire de terroriste, puisqu’en général ce dernier est souvent vu dans cette tenue. Comme quoi, la façon de s’habiller peut être source de jugement, puisque c’est ce qui identifie superficiellement un peuple, un rang social et/ou une conviction. La Djellaba créerait ainsi une controverse, entre les traditionalistes musulmans qui n’acceptent pas le fait qu’on médiatise cette robe à ce point, les occidentaux qui voient le mal dans la vue de cette robe, les stylistes qui  revendiquent sa commercialisation, et enfin, les extrémistes qui l’exposent dans l’intérêt de se faire connaître dans le monde.

 

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